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Boire le bouillon de onze heures

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Le 24 septembre 2009, à 16H40, La Belle a été retrouvée sans vie dans son appartement montréalais.

Irritée par les miaulements incessants de deux chats, Madame Michel, résidente de la rue Châteaubrilland a donné l’alerte. La Belle a été trouvée inanimée sur son lit, dans une mise en scène qui laisse penser à un acte prémédité.

Les policiers de Montréal, qui ont trouvés le corps, ne sont pas en mesure d’expliquer les causes du décès.

Tout laisse à penser à un acte suicidaire...

Le 24 septembre, le rapport d’autopsie tombe.

Pour son dernier repas, La belle a ingurgité le tristement le Bouillon de onze heures.

L’ingestion du Bouillon de onze heure provoque chez l’être humain de sérieux dommages, avec la quasi-certitude d’y laisser la vie, et ce, quelle que soit la dose ingérée.


D’action rapide, il entraîne :
- Paralysie progressive du corps
- Convulsions
- Douleurs au visage
- Démangeaisons et rougeurs
- Éruption cutanée
- Nausées ou vomissements
- Transpiration excessive
- Vertiges
- État de confusion
- Crampes abdominales
- Diarrhée
- Odeur chimique ou métallique dans l’haleine.

L’intensité est telle qu’il provoque une perte de connaissance et un plongeon comatique, causés par l’apparition de lésions respiratoires, une hémorragie interne, la perforation de l’appareil digestif, menant alors à l’arrêt cardiaque.

Les habitants du quartier qualifient cet acte de « coup de folie, d’autodestruction démoniaque ».
« Je ne comprends pas du tout, je suis bouleversée. C’était une personne aimable et toujours souriante, qui paraissait bien dans sa vie… » confie Jeannine, sa voisine de palier.
« La Belle venait tous les matins acheter du pain de la veille pour nourrir les oiseaux. Je la trouvai parfaite… Un grain de peau et une toilette d’un raffinement sans égal. Un don de la vie dont toutes les femmes auraient aimé jouir » raconte Martine, la boulangère du coin de la rue. Michel, le boucher de l’épicerie du quartier, fût étonné de la voir commander quelques jours auparavant, une oie sauvage de plus de 7 livres.
Son professeur de chant, effondré par la nouvelle, parle d’une personne « talentueuse, à l’avenir tout tracé ».

Rien ne laissait donc supposer que la Belle puisse commettre un acte si imprévisible. L’enquête menée depuis plusieurs jours sera probablement à même d’apporter des éléments de réponse.

Delphine Balley fignole ses photos comme des tableaux vivants. Elle s’intéresse aux moments silencieux, aux manies, et aux rituels, l’obsession des sujets reste confinée dans leur fort intérieur: le crâne. Mais, comme si le crâne ne pouvait à lui seul, tout contenir, la singularité du sujet déborde sur les murs de la maison, détournant des objets du quotidien pour réinventer un vocabulaire plus approprié à leur être profond. Ses photographies sont théâtralement réalistes, les images sont fortes, porteuses d’histoires.

À travers un propos émouvant et parfois sarcastique, Manon Oligny met en scène le dérèglement et le chaos de l'âme. Sa gestuelle est excessive, âpre et charnelle. Sa démarche créatrice ne cesse de poser un regard critique sur son médium, la danse, et de questionner les codes qui y sont associés. Elle a établi depuis près de six ans plusieurs collaborations artistiques avec des gens provenant de milieux divers : cinéma, vidéo, littérature et photographie, ici et à l'étranger. Elle s'intéresse plus à la dramatisation des idées qu’aux concepts. L'intensité et l'incarnation des gestes doivent d'abord émerger, car les états du corps sont rarement stables, tout n'est que glissement, changement, fuite…

Une co-création de Manon Oligny CHORÉGRAPHE et Delphine Balley PHOTOGRAPHE
Durée : 24 minutes
La Belle : Sarah Dell’Ava
COSTUME Camille Thibault-Bédard
ÉCLAIRAGE Estelle Frenette-Valère
ACCESSOIRISTE Marie-Pier Fortier

Commande chorégraphique

Commande chorégraphique créée dans le cadre du projet In Limbo de la Cie de Brune\Lynda Gaudreau en coproduction avec Manon fait de la danse.

Ce projet sera présenté du 15 au 18 avril 2010 à Tangente (Montréal)
ainsi que le 18-19 juin 2010 auThéâtre de la Balsamine (Bruxelles) dans le cadre du Festival Danse à la BALSA et MARNI.

Remerciements : Conseil des arts et des lettres du Québec, Conseil des arts de la ville de Montréal, Conseil des arts du Canada, Office Franco-Québécois pour la jeunesse (OFQJ) et une remerciement spécial à Anne Le Beau.

Photos

         

© 2010 Manon fait de la danse.