Manon Oligny
Directrice artistique, chorégraphe

"La danse devient intéressante à partir du moment où elle nous échappe."
Manon Oligny, directrice artistique.
Bachelière en danse de l’Université du Québec à Montréal et active comme chorégraphe depuis 1992, Manon Oligny fonde en 1999 la Compagnie Manon fait de la danse au sein de laquelle elle œuvre en tant que chorégraphe, directrice artistique et productrice.
Depuis 1993, Manon Oligny a créé et produit une vingtaine d’œuvres chorégraphiques inspirées par des médiums tels que le cinéma, la vidéo, la littérature et la photographie, et a établi plusieurs collaborations artistiques, tant ici qu’à l’étranger.
Manon Oligny travaille des concepts actuels en faisant naître des propositions chorégraphiques, toujours dans le souci d’obtenir une forme scénique allant au-delà d’une expérience purement esthétique. Cette chorégraphe aime la nature humaine. S’inspirant de la fragilité et de la complexité des êtres, elle aime se pencher sur la confrontation, l’épreuve, le doute et la quête.
À travers un propos émouvant et souvent sarcastique, Manon Oligny met en scène le dérèglement et le chaos de l'âme.
Ses œuvres dépeignent des éventails de charges émotives qui débordent : images de vide esseulé, de désespoir, de tendresse ou d’extase. Sa gestuelle est urgente, rude et charnelle; les interprètes, crinière empoussiérée et en nœuds, se voient propulsés vers la rencontre d’un état limite aux abords de la sensualité et de la douleur.
Son travail chorégraphique oscille entre la maîtrise et la liberté, qui se déploient soit par le jeu ou la fureur qui poussent les corps aux quatre vents, par une traversée scénique, artistique, une restriction spatiale, une forme de virilité, ou encore par une féminité fougueuse. Il permet l’élan et le risque, le transport incertain de l’être par-delà ses propres barrières. Des pulsions émergent, se déguisent ou s’enfièvrent.
Manon Oligny aime stimuler et percevoir la résonance d'un geste qui, dans le corps de l'interprète, déstabilise son équilibre de perceptions et son émission émotive : Les états du corps sont rarement stables, l'intensité et l'incarnation des gestes doivent d'abord être les premiers à émerger. Tout devient alors glissement, changement et fuite.
Le mouvement naît de l'état intérieur et non de l’inverse; par la suite, le travail singularise et affine les gestes. La pureté gestuelle n'existe pas : les corps se muent constamment par l’influence de moments qui laissent des traces, des empreintes, et qui forment des couches faisant naître des êtres singuliers et complexes. La danse s’élabore ainsi d’un geste à l’autre, d’un relief à l’autre; elle ouvre les frontières et nous débusque avec sa force cinétique. Un instinct sauvage, mais façonné, un écho marquant son passage à travers le monde, la société et ses obstacles.
En favorisant l’exploration de nouvelles formes scéniques, la compagnie Manon fait de la danseencourage la continuelle poursuite de démarches créatrices. Ses projets chorégraphiques font naître un regard critique sur le médium chorégraphique et les caractéristiques qui lui sont attribuées.
D’un projet à l’autre, les opportunités de diffusion et les collaborations artistiques se sont élargies et le mandat de Manon fait de la danses’est ‘’transdiscplinarisé’’, même si la danse demeure le cœur et le moteur de tous ses projets.
Au fil des ans, la compagnie Manon fait de la danse a été financièrement supportée par le Conseil des arts du Canada, le Conseil des Arts et des Lettres du Québec, le Conseil des Arts de la Ville de Montréal, la Direction des Affaires Culturelles, les Relations internationales de la Ville de Paris, la Ville de Paris, le Consulat général de France, le Centre Culturel Canadien et la Cité internationale des Arts à Paris et les Pépinières Européennes.
Depuis juin 2010, Manon Oligny occupe un poste de professeure invitée au Département de danse de l’Université du Québec à Montréal.
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© 2011 Manon fait de la danse.
