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La compagnie Manon
fait de la danse a vu le jour en avril 1999 afin de soutenir les activités
artistiques de la chorégraphe Manon Oligny. D'un projet à
l'autre, les opportunités de diffusion et de collaboration artistique
s'élargissent, et par la même occasion, le mandat artistique
se raffine. Au fil des ans, Manon Oligny se taille une place bien précise
dans le milieu de la danse contemporaine. Sa danse, imprégnée
de cinéma et de théâtre, est non-conformiste. Elle
transgresse son médium pour nourrir son propos, à la fois
confrontant et humain, qui se situe entre l'authenticité et le
factice. Elle privilégie les rencontres artistiques entre créateurs
provenant de disciplines diverses, mais principalement du cinéma
et du théâtre. Son point d'ancrage est le corps dansant auquel
elle greffe un langage " transdisciplinaire ". La photographie
et la littérature sont également sollicitées afin
de soutenir les recherches formelles et intellectuelles des créateurs. Manon Oligny voit la chorégraphie comme le cinéma d'auteur. Elle questionne son médium en le confrontant à d'autres disciplines. Son travail se veut au cur de rencontres interdisciplinaires dont le moteur est la danse. Dans ses uvres, la chorégraphe s'inspire d'images et de citations qui s'imbriquent dans sa chorégraphie. Ces bouts de phrases sont lancés comme des flèches, parfois fuyantes, évocatrices, irrattrapables, des mots jaillissants, des paroles scandées qui ont parfois l'allure d'un slogan publicitaire.
Une autre caractéristique de l'artiste est son goût prononcé pour la confrontation dans les représentations. Elle oppose des idées, des sujets et des thèmes qui questionnent le spectateur et le pousse à la réflexion, tels les rapports et les confrontations entre : homme/femme, objet/sujet, fiction/réalité (sous forme de témoignages, documentaires), personnage/personne, vulgarité/pudeur, décence/indécence, désir/ennui. Le rapport scène/salle fait aussi partie des préoccupations : quel est la place du spectateur ? Peut-on parler de voyeurisme, de rapport empathique ou de catharsis?
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