La fiction du désir (Étude #2)
Chorégraphie de Manon Oligny

avec la collaboration artistique de Sophie Michaud


Photographie de Yanick Mc Donald

Deuxième volet du triptyque Pour une problématique du corps portant sur les mécanismes de la séduction et des rapports entre hommes et femmes, cette pièce chorégraphique de Manon Oligny, en collaboration avec Sophie Michaud, met en scène des corps évanescents : Anne-Marie Boivert, Daniel Desputeau, Mathilde Monnard et Guy Trifiro (Jacques Moisan, Fabrice Boutique).

Dans la fiction du désir, les corps des danseurs se croisent dans une débauche de gestes où des cuisses s'ouvrent trop facilement exprimant l'excès, le débordement. La danse de Manon Oligny est ici empreinte de sa réflexion sur l'image du corps et sur le corps vécu dans les divers processus de séduction, dans les rapports de pouvoir et soumission entre les êtres et les phénomènes engendrés par la rencontre et l'isolement.

Depuis 1997, Manon Oligny, jeune chorégraphe, s'est lancée dans une réflexion sur les mécanismes de la séduction et des rapports entre hommes et femmes, en trois volets. L'Étude #1 sur la séduction abordait le corps comme objet de consommation. La fiction du désir (Étude #2), qui constitue donc le 2e volet de cette trilogie enjoint clandestinement le spectateur à décoder les subterfuges de la séduction à travers les scènes impudiques qui lui sont offertes. Cette pièce est programmée en anglais au Festival High Performance Rodeo à Calgary en janvier 2001. L'Étude #3 amènera un espoir de réconciliation entre le corps et désir, entre enveloppe et contenant, en s'appuyant sur quatre personnages féminins de la mythologie. Ce spectacle sera en création au printemps 2001 au Regard du Cygne à Paris et des extraits seront présenté au Repérage de Danse à Lille en juin 2001. Nous assisterons l'œuvre intégrale au FIND en première mondiale en septembre 2001.

Manon Oligny nous entraîne dans une série de carnets de notes, des " carnets de désirs ", dévoilés comme autant de confidences. Les séquences y sont assemblées sans crainte des dérapages. Les différentes épaisseurs de la trame se chevauchent, sans épuration, dans une atmosphère riche et chargée, pourpre et chaude. Mais aussi, la danse y est charnelle, l'univers permissif, la violence consentie et les codes transgressés. Dans cet univers, on risque le tout pour le rien.

Le travail chorégraphique de Manon Oligny emprunte énormément les sentiers du théâtre. C'est pourquoi elle insiste pour nommer ses créations de pièces chorégraphiées. En hommage au film de la Nouvelle Vague, elle crée Ainsi soient-ils (ou non). Spectacle présenté à deux reprises à Tangente en 96 et dans le cadre du off FIND en 1997. Ses premières œuvres : Les œufs rient noirs créé en 1992, Blue Contry en 1993 (qui fut l'objet d'un reportage à l'émission Enjeux) et Forever Love en 1995. En tant que chorégraphe invitée, elle collabore également avec Claude Poissant pour Fais-moi danser, Jean Salvy pour Beauté Féroce, Serge Denoncourt pour La Grande Magia et Wajdi Mouawad pour Willy Protagoras enfermé dans les toilettes.

" Il y a quelque chose de plus fort que la passion : l'illusion. Plus forte que le sexe ou le bonheur : la passion de l'illusion. Séduire, toujours séduire. Déjouer la puissance érotique par la puissance impérieuse du jeu et du stratagème dans le vertige même dresser des pièges, et au septième ciel encore garder la maîtrise des voies ironiques de l'enfer- , telle est la séduction, telle est la forme de l'illusion, tel est le malin génie de la passion. " Les stratégies fatale, Jean Beaudrillard.

 

 


Je t'ai revéillé
Tu m'as dit

On s'est vu
On a fait l'amour
Égale

Mary Kelly

 


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fois que tu n'étais pas amoureux de moi
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