ECURIE 360
Cie Manon fait de la danse
En partenariat avec la Société des arts technologiques (SAT) et le Vidéographe

Premier projet dans l'histoire de la vidéodanse créé pour un contexte immersif de type dôme.

Équipe :
Direction artistique et chorégraphe : Manon Oligny
Vidéaste : Frédéric Moffet
Équipe de concepteurs : Simon Laroche, Yanick Macdonald, Nelly Arcan, Frédéric Moffet Joseph Lefèvre,
Louis-Philippe St-Arnault et Manon Oligny
Musique : Gilles Brisebois
Interprètes : Anne Le Beau, Karina Iraola et Mathilde Monnard
Conseiller de la SAT : Joseph Lefèvre
Chargé de projet pour le dispositif immersif : Louis-Philippe St-Arnault
Lumières : Yanick Macdonald

Le projet

Écurie 360 représente la première vidéodanse créée pour un environnement immersif, qui sera présentée à
la Société des Arts Technologiques de Montréal au printemps prochain Ce projet sera réalisé en collaboration
avec une équipe de concepteurs dont le vidéaste Frédéric Moffet, Nelly Arcan (auteure)
et les trois interprètes : Mathilde Monnard, Anne Le Beau, Karina Iraola.

En lien direct avec ma dernière création L’ÉCURIE, ce projet se propose de créer une vidéodanse pour être présentée
dans la SAT (osphère). La danse prendra des proportions surhumaines, à l’image de cette force animale irrépressible.
Ce contexte de représentation alimente le sujet que je questionne : la femme dans son rapport à la société de consommation.

Certains ouvrages littéraires, notamment celui de la psychanalyste Clarissa Pinkola (Femmes qui dansent avec les loups) abordent
le sujet de la femme « sauvage » et des notions de collectivité chez les louves. Ce sera des références utiles
pour approfondir le travail dans cette étape du travail

Il existe peu d’endroit au Canada où l’on puisse explorer le médium de la vidéo dans le cadre d’une projection immersive.
La SAT ouvrira sous peu la nouvelle salle, la SAT (osphère). Il s’agit d’un endroit destiné aux projections sur son plafond en forme de dôme.
Le principe de l'immersion permet aux spectateurs de se plonger dans une expérience kinesthésique, sensitive, émotive,
dans laquelle ils ont l’impression de faire partie prenante de l’image, plutôt que d’être un simple spectateur passif
comme dans une installation ouverte ou une salle à l’italienne.

Ces recherches dans ce domaine de l’immersion sont encore récentes et novatrices, dans la mesure où il faut avoir accès
à cet espace singulier et utilisation du logiciel « photon » de la compagnie VYV, pour créer, tester, expérimenter la vidéo immersive.

Contrairement à ce que propose le Planétarium de Montréal et de la salle IMAX, ce projet de vidéodanse propose la représentation
d’une œuvre artistique sensible, soulevant un questionnement et une réflexion. Je souhaite explorer une nouvelle façon de voir
et vivre la danse, l’art du mouvement par une expérience plus globale, développer un comportement moins contemplatif
pour le spectateur, mais plus actif. La dimension explorée lors de l’installation chorégraphique de l’Écurie en avril 2008
proposait une dimension « voyeur » aux spectateurs, qui déambulaient autour des stalles de chevaux en regardant là
où ils le souhaitaient. Dans ce cas-ci, avec ce projet de vidéodanse, je dois réfléchir de manière plus globale au rapport
qu’entretiendront les spectateurs à l’égard de l’œuvre. Donc ce projet s’inscrit complètement dans la suite de ma recherche.
Je ne ferai pas d’adaptation de ma dernière installation chorégraphique, elle servira de base de travail à partir de laquelle
je créerai une nouvelle création, abordant la même thématique; celle de la femme et son « carcan » social, de sa peur
et de sa soif de liberté - un thème récurrent dans ma recherche chorégraphique.

Ma démarche artistique

D’un projet à l’autre, les opportunités de résidences, de présentations, de diffusions et de collaborations s’élargissent
et par le fait même mon mandat artistique se « transdisciplinarise ». Ma danse imprégnée par la vidéo, la photographie
et la littérature est non-conformiste. Elle transgresse son médium pour nourrir son propos à la fois confrontant et incisif.
Ce projet de vidéodanse est en lien direct avec mes principaux questionnements à la fois sur la forme et le fond (sujet).
J’aborde depuis plusieurs années le sujet de la féminité sous un angle critique et social d’une sublimation
et désublimation du corps objet (La Fiction du désir, 24 X CAPRICES, Pouliches, d’après l’œuvre de Cindy Sherman)
Ma recherche sur le sujet de la féminité s’est souvent articulée sous un angle du corps poussé par ses excès
dans une notion de performance très proche de celle du sport (46’’00’’05, LA boucherie,  L’ÉDUCATION PHYSIQUE et L’ÉCURIE).
Ce projet de vidéo-danse est aussi une réflexion sociale sur la féminité, la performance urbaine..

Le travail sur l’espace en relation avec le public

« Quand le spectacle est partout, le spectateur est nulle part ». Roland Barthes. Voici une citation qui révèle pour moi le plus grand défi du projet à éviter.

Ma vision entourant ce nouveau projet de vidéo-danse s’articule sous différents axes, notamment la question de la circulation
d’un public dans un espace circonscrit par la SAT (osphere) – espace dôme circulaire de 360 degrés avec dôme - où le spectateur
devient actif et libre de se promener où il veut. Par la construction chorégraphique, on tentera de le guider vers
des lectures précises de certaines partitions.

Les collaborateurs 

Le travail avec les collaborateurs est très précieux, car l’orchestration de plusieurs éléments, tels la danse, la vidéo,
les textes et la musique, doivent s’intégrer dans un même propos qui doit rester sensible et humain malgré
toute la dimension technologique, l’une de mes principales préoccupations.

Frédéric Moffet- vidéaste

Je travaillerai à nouveau avec Frédéric Moffet. Collaborateur de longue date, il a créé trois vidéos d’art avec moi,
qui ont eu du succès dans plusieurs festivals à travers le monde. En 2001, nous avons créé une vidéo à partir
d’extraits de 24X CAPRICES(2001) qui devenait une œuvre en elle-même. Elle fut produite par Vidéographe
et diffusée sur Art TV (Silence on court), gagnante du prix : CINEDANCE dans le cadre de l’événement Antitubes à Toronto.
Puis elle fut présentée au Festival Clermont-Ferrant en France en 2003. En 2003, l’expérience se poursuit
avec LEVEL 1.(2003) que nous avons créé et réalisé à Lisbonne lors d’une résidence de création. Ce projet de vidéo-danse
produit au départ pour le FIND 2003, a été présenté au Rendez-vous du cinéma québécois 2004,
au Festival of video and sound de Vancouver en 2004. Finalement, une troisième production vidéo-danse fut créée en 2006,
images tirées du projet de conférence chorégraphique l’Education Physique (2005), et présentée à huit reprises
après le spectacle à la Société des Arts Technologiques de Montréal en avril 2006 en co-production avec Danse-Cité.
Frédéric Moffet connaît bien mon travail, et j’aime l’œil avec lequel Frédéric scrute ce que je fais. Il en résulte
un travail percutant, des images qui dévoilent impudiquement l’intimité, l’émotion du mouvement- un regard que
le spectateur ne peut avoir sans être à quelques pouces des interprètes.

Résidence à la SAT du 18 mai au 12 juin 2009

Durant la résidence à la SAT, nous pourrons valider certains concepts en travaillant directement
dans le mini dôme: Panodôme, sur la mise en espace de mon travail. Cela permettra à l’équipe de créateurs
de vérifier et de concrétiser ses intuitions dans un climat de recherche, prenant l'apparence d'un véritable banc d’essai.
Cette période de résidence se fera avec les images, le logiciel « photon » accessible (gratuitement) à la SAT.
Le contexte ouvert de l'espace SAT,  l’accès à ses ressources technologiques et les échanges avec ses informaticiens
et son consultant (Louis-Philippe St-Arnault) favoriseront et nourriront ma réflexion pour aboutir à une première projection
de sa vidéo-danse Horsebox dans un environnement immersif, ce qui sera aussi une première dans le milieu de la vidéodanse.

L’ÉCURIE 2
Pendant cette résidence nous présenterons dans le contexte de la salle de tournage,
une nouvelle version « maquette » L’ÉCURIE, pour une seule interprète (Anne Le Beau)
qui sera présenté le 4-5 juin à 17h30 dans le cadre du OFF TA.